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Un sentiment de Robinson militaire sous l'équateur

Un sentiment de Robinson militaire sous l'équateur

 

Une opération sous un climat tropical ne s’improvise pas du jour au lendemain. C'est pourquoi, il est essentiel de prévoir des périodes de formation dans de telles conditions atmosphériques. L'aspect « survie » est particulièrement à l'ordre du jour. Pendant la période d'exercice Tropical Storm, en cette fin d’année, des militaires de différentes composantes se rendaient dans la forêt tropicale du Gabon (Afrique) afin d’acquérir des principes de survie dans des conditions extrêmes.  

Une température moyenne qui flirte avec les 30 degrés, une humidité extrêmement élevée et un soleil haut dans le ciel. Les conditions climatologiques dans la jungle diffèrent, de jour comme de nuit, de celles de la Belgique, le terrain d'entraînement habituel de nos militaires. 

Hébergement, feu, signalement, eau et nourriture. Les priorités de la survie varient d'une situation à l'autre. « Le feu est crucial, pour rester au chaud et parce qu'il relie les autres priorités entre elles. Avec le feu, on purifie l'eau en la faisant bouillir, on prépare la nourriture et grâce à la fumée, on peut indiquer notre position », précise l'instructeur Thomas.  

Le bois, le combustible par excellence pour allumer un feu, est abondant dans la forêt tropicale. Mais, à cause de l'humidité élevée et des pluies parfois abondantes, trouver du bois sec est un autre problème. « Ici, nous enseignons à nos collègues les techniques pour « fendre » le bois mort à différentes épaisseurs », poursuit-il. « Par exemple, une épaisseur de poing, de pouce, de doigt, de petit doigt et de demi-petit doigt. Vous travaillez donc d'une petite à une grande échelle. De la préparation, de la patience et ne pas être trop rapidement content de soi », insiste Thomas. « Il vaut mieux avoir trop de substance combustible que trop peu. »  

« Nous sommes dans la jungle, nous pouvons donc également ramasser du bambou », indique-t-il. « Reconnaissable à la teinte légèrement plus brune que le bambou frais qui est plus vert. » 

Et grâce à la proximité de la côte et des palmiers qui la bordent, ils peuvent aussi utiliser des coques de noix de coco séchées. Celles-ci peuvent produire des matériaux fins qui s'enflamment rapidement. « Sur une côte, il y a de grandes chances que vous trouviez des matériaux utiles dans une situation de survie », affirme l'instructeur.  

« Pour allumer le feu, il est préférable d'utiliser des matériaux riches comme les allumettes et les briquets. S'ils ne sont pas disponibles, on utilise le fire steel. » Thomas sort un morceau allongé de magnésium qu'il utilise ensuite pour provoquer des étincelles en le frottant avec un couteau. Lorsque vous combinez les étincelles avec des copeaux de bois secs (scrapings) puis des feathersticks (éclats légèrement plus longs), vous obtenez rapidement une flamme que vous pouvez enflammer davantage. « Outre des copeaux, le tissu de coton et la résine naturelle sont également parfaits pour allumer un feu avec quelques étincelles. » 

Chaque militaire doit pouvoir survivre n'importe où, n'importe quand. Après tout, ces situations ne se produisent pas seulement sous ce climat extrême. Elles peuvent également se produire plus près de chez nous. S’entraîner dans des conditions plus difficiles devrait donc être considéré comme un défi et non comme un fardeau.