-A A +A

Autres informations et services officiels: www.belgium.be

La Marine forme de nouveaux opérateurs de drones sous-marins

La Marine forme de nouveaux opérateurs de drones sous-marins

 

Depuis la semaine dernière, les instructeurs d’Eguermin, école de guerre contre les mines, forment six nouveaux opérateurs de drones sous-marins Remus 100. La formation pratique se déroule depuis le BNS Lobelia qui mouille à Zierikzee (Pays-Bas) pour l'occasion.

Outre les instructeurs, une équipe VSW (Very Shallow Water – ou eau très peu profonde : équipes spécialisées qui travaillent avec ces engins à de très faibles profondeurs) était également embarquée pour soutenir la formation. Aujourd’hui, la Marine compte deux équipes VSW qui embarquent, à bord des navires de la flotte, lors de grands exercices ou opérations de chasse aux mines de l'OTAN. 

La semaine dernière, les candidats opérateurs recevaient une formation théorique portant sur l'utilisation du Remus à Eguermin. En soi, il s’agit de connaître les fonctionnalités de ce sous-marin autonome capable de rechercher des objets sur le fond marin. 

Cette semaine, l'accent porte sur la formation pratique. Chaque opérateur a l'opportunité de naviguer plus d'une heure dans une zone appelée working box mesurant 255 mètres sur 255 mètres. Les opérateurs se familiarisent, bien sûr avec le drone, appelé familièrement « poisson », mais aussi avec le ranger (capteur acoustique qui permet de situer le poisson sous la surface de l’eau). Outre l'expérience pratique, il est également important de tester les différents paramètres et d'étudier avec quelle rapidité et efficacité les opérateurs détectent des objets. 

Situations réalistes 

Après une heure de mise en œuvre, le poisson est retiré de l'eau et les données enregistrées sont analysées. En opération réelle, l'officier de chasse aux mines pourrait décider de faire examiner visuellement des contacts positifs par l’envoi de plongeurs ou d’un Seafox, un petit submersible filoguidé utilisé pour neutraliser les mines ou les explosifs reposant sur le fond. 

Au cours de l'un des exercices, Thomas, un opérateur en formation, doit rechercher son poisson dans l’eau sans l’aide du GPS. Grâce à son capteur acoustique ranger, il pouvait voir dans quelle zone son poisson naviguait et comment il pourrait le récupérer ! Ce sont des situations réelles qui ne sont pas évidentes sans un positionnement GPS. Le Remus était, en fin de compte, éloigné de 460 mètres et grâce au signal du drone, il a pu le récupérer à bord d’un canot pneumatique en quelque 10 minutes. 

Un senseur qui a de l’avenir 

Le Remus est un AUV (véhicule sous-marin autonome). Il fait office de sonar mobile extrêmement efficace pour rechercher des objets sur le fond aux moyens d’ondes sonores. Il recueille des données hydrographiques jusqu'à une profondeur maximale de 100 mètres et peut être utilisé pour des opérations amphibies, la protection des ports, le soutien aux opérations de sauvetage, la recherche scientifique et la détection d'obstacles et de mines, par exemple. 

La formation des opérateurs est une formation binationale qu'Eguermin organise chaque année. Elle est essentielle si nous voulons utiliser le Remus à l'avenir comme capteur principal à bord de notre flotte de chasse aux mines. Un chasseur de mines pourrait ainsi opérer de manière autonome sans le soutien d'une équipe VSW. 

L'utilisation de drones devient de plus en plus importante à la Marine. La future capacité de chasse aux mines belgo-néerlandaise utilisera des drones sous-marins, aériens et de surface pour rechercher des mines encore plus rapidement et plus efficacement, avec des navires de plus grandes dimensions et moins d'équipage. Mais ils seront dotés de moyens de haute technologie. La première unité est attendue à la Marine en 2024.